Selon le baromètre 2025 de l’association e-Enfance / 3018 réalisé par l’Institut Audirep avec le soutien de la Caisse d’Épargne auprès de 1 602 binômes de parents-enfants dont les enfants son âgés de 6 à 18 ans :
Le harcèlement scolaire est caractérisé comme une violence verbale, physique ou psychologique en milieu scolaire et répétée sur une longue période par un ou plusieurs élèves à l’encontre d’une victime isolée, en incapacité de se défendre. Véritable rapport de force et de domination, le harcèlement scolaire peut prendre différentes formes pouvant se cumuler pour la victime : insulte, menace, bizutage, violence psychologique et morale, agression physique, moquerie, humiliation, chantage, exclusion des autres élèves… Le harcèlement scolaire repose principalement sur la stigmatisation d’un enfant par ses camarades d’école en raison de sa présupposé différence pouvant être son apparence physique, son identité de genre, ses centres d’intérêt ou encore son handicap.
Il est impératif de prendre au sérieux les situations de harcèlement scolaire puisqu’elles peuvent avoir des conséquences graves pour l’enfant. Des impacts qui peuvent nuire à son développement psychologique et social, et ce jusqu’à l’âge adulte :
Le harcèlement scolaire n’est pas toujours « visible », il est donc important d’être vigilant aux signaux avertisseurs chez l’enfant, par exemple :
Face à une situation suspectée ou avérée de harcèlement à l’école, l’enfant victime, ses parents, ses proches ou même le personnel éducatif de l’établissement peuvent intervenir en alarmant la direction de l’établissement pour agir contre le harcèlement. Ainsi, grâce au plan de lutte contre les violences scolaires, des mesures et sanctions pourront être déployées pour protéger l’enfant victime de harcèlement et/ou de cyber-harcèlement.
Les signes qu’un enfant est victime de harcèlement scolaire peuvent se manifester de plusieurs façons. Certains enfants peuvent présenter des signes physiques tandis que d’autres auront des changements de comportement qui doivent alerter.
Les signes physiques :
Les signes comportementaux :
Ces signes ne permettent pas toujours, à eux seuls, de comprendre qu’un enfant est victime de harcèlement scolaire. Ils constituent toutefois des signaux d’alerte, notamment lorsqu’ils apparaissent soudainement.
Depuis le 2 mars 2022 et l’entrée en vigueur de la loi n° 2022-299 visant à combattre le harcèlement scolaire, ce dernier est qualifié de délit pénal.
La loi définit le harcèlement scolaire comme des faits de harcèlement moral commis à l’encontre d’un élève par un autre élève ou toute autre personne travaillant dans l’établissement scolaire.
Les sanctions varient en fonction des conséquences du harcèlement sur la victime. Elles peuvent aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende lorsque les faits ont conduit la victime à se suicider ou à tenter de se suicider.
La loi prévoit également des mesures pour prévenir, détecter et traiter les situations de harcèlement dans les établissements scolaires.
Le 3020 est un numéro d’appel gratuit, d’écoute et de prise en charge au service des élèves, des familles et des professionnels témoins ou victimes d’une situation de harcèlement entre élèves.
Lors de la discussion avec les opérateurs, si une situation de harcèlement est avérée, elle est alors transmise aux référents harcèlement de l’Education Nationale.
Ce que dit la loi sur le harcèlement scolaire
A noter : selon le Code pénal, les peines encourues pour harcèlement scolaire peuvent aller jusqu’à trois ans de prison et 45 000€ d’amende. Une peine de 10 ans de prison et 150 000€ d’amende pour les cas de harcèlement reconnus comme cause de suicide de la victime.
Avec l’usage croissant des réseaux sociaux et ses dérives, notamment chez les jeunes souvent sur-connectés, le harcèlement pousse les portes des écoles et continue au domicile de la victime. Il s’agit alors de cyberharcèlement. Il est défini comme « un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électronique, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule ».
Le 3018 est un numéro vert national de prise en charge des victimes de cyberharcèlement en milieu scolaire. Gratuit et anonyme, une équipe dédiée (psychologues, juristes et experts des outils numériques) permet d’écouter, d’informer et de conseiller les victimes ou témoins de cyberharcèlement scolaire. Elle peut également, dans les cas le nécessitant, accompagner au retrait de contenus illicites en ligne.
Au même titre que l’enfant harcelé, il n’existe pas de caractéristique particulière permettant de définir l’enfant harceleur.
Plusieurs raisons peuvent pousser un enfant à devenir harceleur :
Ces explications ne justifient en aucun cas le harcèlement. L’enfant harceleur doit lui aussi être accompagné pour qu’il prenne conscience de ses actes et qu’il ne recommence plus.
Découvrir que son enfant est impliqué dans le harcèlement d’un autre élève peut être difficile à accepter en tant que parent. Le plus important est de rester calme, d’essayer de comprendre les raisons qui poussent son enfant à harceler et de l’aider à prendre conscience de ses actes sans qu’il se sente diabolisé.
La communication est essentielle dans ce genre de situation. Il ne faut pas seulement le sanctionner, mais l’aider à comprendre les conséquences du harcèlement. Pour cela, les parents doivent être en contact avec l’établissement scolaire afin de faire cesser le harcèlement.
L’enfant harceleur a également besoin d’un accompagnement adapté pour comprendre les mécanismes qui l’ont poussé à adopter ce comportement.
Après avoir été victime de harcèlement scolaire, un enfant peut avoir perdu confiance en lui et plus largement dans l’environnement scolaire. La reconstruction de l’enfant repose notamment sur un accompagnement des parents pour l’aider à reprendre confiance en lui. Il est essentiel d’être à son écoute, de le rassurer et surtout de le déculpabiliser.
L’enfant doit se sentir à l’aise de pouvoir exprimer ses émotions.
Le retour à l’école peut être délicat. Les parents doivent rester en lien avec l’équipe éducative pour s’assurer que les faits ne se reproduisent pas.
Un soutien psychologique peut aussi aider l’enfant à surmonter les conséquences du harcèlement scolaire et à se reconstruire progressivement.
Le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse a mis en place une politique de prévention structurée autour d’un programme de lutte contre le harcèlement appelé Phare. Ce programme prévoit notamment de s’appuyer sur un réseau de 400 référents académiques et départementaux, répartis sur tout le territoire. Le rôle des référents : accompagner les établissements dans un meilleur traitement, plus rapide et plus efficace, des situations de harcèlement.
Parce qu’il est parfois plus simple pour un élève victime d’alerter et de se confier à un autre enfant de son âge, le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse a déployé un dispositif appelé « Ambassadeurs non au harcèlement ».
Ces élèves sont formés pour détecter et repérer les situations de harcèlement au sein de leur établissement. Tels des lanceurs d’alertes, ils peuvent agir pour éviter à l’élève victime de rester seul face à sa situation. Grâce à des outils dédiés, ces élèves ambassadeurs ont également le rôle de sensibiliser les autres collégiens à la problématique du harcèlement scolaire et du cyberharcèlement dans le but de prévenir des violences et aider leurs camarades qui sont dans cette situation.
Dans de nombreux établissements en France, primaire et collège, certains élèves se sont mobilisés pour lutter contre le harcèlement scolaire au sein de leur établissement en devenant « élèves-médiateurs ». La médiation entre les élèves eux-mêmes permet aux enfants et adolescents d’aborder des situations de tensions par le dialogue, l’écoute et la bienveillance. Il pourrait être un des outils pour lutter contre l’augmentation du harcèlement en milieu scolaire.
Découvrir le témoignage d’une élève-médiatrice.