À retenir : Les violences psychologiques constituent une forme de maltraitance. Elles ne laissent pas nécessairement de traces physiques, mais peuvent avoir de lourdes conséquences sur l’enfant : anxiété, repli sur, soi, perte de confiance en soi ou encore agressivité. À long terme, ces violences peuvent affecter durablement le développement de l’enfant.
Définition de la violence psychologique par l’OMS : La violence psychologique (affective) inclut des actes verbaux et non verbaux qui nuisent ou risquent fort de nuire au développement d’un enfant, tels que le dénigrement, la ridiculisation, les menaces et intimidations, la discrimination, le rejet et d’autres formes d’hostilité non physique.
La violence psychologique – ou violence morale, violence mentale, violence émotionnelle – – peut être une forme de violences conjugales mais elle est également une forme de maltraitance répandue envers les enfants. C’est une forme de violence envers autrui sans qu’une violence physique soit mise en œuvre directement. Ce sont des actes, en général répétitifs, comprenant les menaces verbales, l’isolement social, l’intimidation ou le fait d’imposer couramment à l’enfant des exigences déraisonnables (par rapport à son âge, son niveau de développement…), de le terroriser, de l’exploiter (travail, mendicité…), de l’exposer au danger, à la violence…
L’abus émotionnel est impliqué dans toutes les autres formes de violences, même s’il peut arriver seul.
Ces violences peuvent s’exprimer de différentes manières. On identifie six types de violences psychologiques :
Certains signaux peuvent permettre de repérer un cas de maltraitance psychologique : passivité de l’enfant, inhibition ou agressivité, instabilité, angoisses, tristesse permanente…
Le repérage de ces éventuels signes d’une expérience traumatique est encore complexifié par les phénomènes suivants, qui peuvent intervenir chez l’enfant victime :
Par ailleurs, cette forme de maltraitance et les violences subies peuvent freiner le développement et l’épanouissement personnel de l’enfant. Cela peut également laisser de lourdes séquelles qui peuvent apparaitre dès l’enfance et l’adolescence ou seulement à l’âge adulte.
Un geste : alerter en appelant le 119 Service National d’Accueil Téléphonique de l’Enfance en Danger (SNATED), joignable gratuitement 24h/24 et 7j/7 depuis n’importe quel téléphone, fixe, mobile ou cabine téléphonique, en France et dans les DOM (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion, Mayotte).
En savoir plus : Protection de l’enfance – Que faire face à une situation de maltraitance infantile ?
Si vous n’appelez pas, vous prenez le risque avant tout de laisser un enfant en situation de détresse, voire de danger immédiat. Mais vous risquez aussi des sanctions pénales : « Le fait, pour quiconque ayant eu connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, d’une déficience physique ou psychique ou d’un état de grossesse, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. » (article 434-3 du code pénal)
Les violences psychologiques ne laissent généralement pas de traces visibles. Elles peuvent cependant se manifester lors dans les changements de comportements de l’enfant, comme :
– le repli sur soi
– les troubles du sommeil
– les troubles de l’alimentation
– l’agressivité
– les comportements émotionnellement imprévisible.
A eux seuls, ces comportements ne permettent pas prouver une situation de maltraitance psychologique. Leur apparition soudaine et leur répétition doivent alerter.
Les violences psychologiques peuvent avoir des conséquences sur la santé et le développement de l’enfant. Elles peuvent notamment affecter son développement cognitif et augmenter le risque de troubles comme l’anxiété, la dépression ou encore le stress post-traumatique.
Des travaux l’Inserm montrent que des expériences de maltraitance durant l’enfance peuvent laisser des « cicatrices » cérébrales persistantes à l’adolescence.
Les conséquences peuvent toutefois varier d’un enfant à un autre en fonction de la nature des violences, de leur durée, de leur fréquence et de l’environnement dans lequel vit l’enfant.
Pour en savoir plus :
Où commence la maltraitance infantile ?
Les besoins fondamentaux de l’enfant
La violence éducative ordinaire