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Où commence la maltraitance ?

La maltraitance faite aux enfants


Une définition ?

L’Organisation Mondiale pour la Santé propose une définition :

« L’abus ou la maltraitance à enfant consiste dans toutes les formes de mauvais traitement physique, émotionnel ou sexuel, la négligence ou le traitement négligent, ou les formes d’exploitation, dont commerciales, résultant en un mal effectif ou potentiel à la santé de l’enfant, à sa survie, à son développement ou sa dignité dans le contexte d’une relation de responsabilité, confiance ou pouvoir ». 

Plus simplement, on peut définir la maltraitance comme étant toute violence présentant des conséquences graves sur le développement psychique et psychologique des enfants. 

La maltraitance peut intervenir aussi bien dans l’univers familial de l’enfant que dans son entourage social plus large (école, quartier, réseau de relations sur internet…) 


Violences et négligences lourdes

La violence à l’encontre des enfants peut prendre des formes très diverses. Le plus souvent, un enfant maltraité subit différents types de violence simultanément. 

On peut distinguer les mauvais traitements commis (à travers des actes, des comportements) et les mauvais traitements par omission (actes, comportements inexistants, manquants):

  • Mauvais traitement par commission 

= actes ou comportements qui causent un dommage, un dommage potentiel ou une menace de dommage 

On peut parler de « violences »     

  • Mauvais traitement par omission 

= échec à répondre aux besoins physiques, émotionnels ou éducatifs de base de l’enfant, ou à le protéger d’un danger 

On peut parler de « négligences lourdes » 


Les violences

On distingue 3 catégories principales de violences :

  • Les violences physiques    

Tout usage délibéré et non accidentel de la force contre un enfant, de telle manière que l’enfant soit blessé ou risque de l’être : frapper (à la main ou avec un objet), battre, donner des coups de pied, de poing, mordre, brûler, empoisonner, suffoquer, étrangler, secouer, jeter, noyer, fabriquer des symptômes, induire délibérément une maladie… 

  • Violences psychologiques    

Actes en général répétitifs comprenant les menaces verbales, l’isolement social, l’intimidation ou le fait d’imposer couramment à l’enfant des exigences déraisonnables (par rapport à son âge, son niveau de développement…), de le terroriser, de l’exposer au danger, à la violence (par exemple commise sur l’autre parent ou un autre enfant)…
L’abus émotionnel est impliqué dans toutes les autres formes de maltraitance, même s’il peut arriver seul. 

  • Violences sexuelles 

Utilisation du corps d’un enfant à des fins sexuelles. L’abus sexuel comprend le fait de forcer ou inciter un enfant à prendre part à des activités sexuelles, y compris la prostitution, que l’enfant ait conscience ou non de ce qui arrive. Ces activités peuvent comprendre un contact, pénétratif ou non. Elles peuvent inclure des activités sans contact, comme le fait d’amener les enfants à regarder des activités sexuelles ou à regarder/produire des images sexuelles, ou à encourager les enfants à avoir des comportements sexuels inadaptés. 

Les négligences lourdes

  • Négligences lourdes    

La négligence lourde, souvent chronique, implique des incidents répétitifs qui touchent au développement, à la santé et au bien-être de l’enfant. Elle est un échec persistant à répondre aux besoins physiques et/ou psychologiques de l’enfant :
-    Le fait de procurer de la nourriture, des vêtements adéquats et un abri 
-    Le fait de protéger l’enfant d’un mal physique, émotionnel ou d’un danger
-    Le fait d’assurer l’accès à des soins médicaux ou à un  traitement
La négligence peut consister en un manque de réponses aux besoins émotionnels de l’enfant. 


Les séquelles de la maltraitance

Au-delà du décès, qui est bien sûr la conséquence la plus lourde de la maltraitance, on peut schématiquement distinguer deux grandes catégories de conséquences de la maltraitance : les atteintes à la santé physique et les atteintes à la santé mentale. La limite entre ces deux catégories est en fait très difficile à établir, et elles sont étroitement liées. Elles ont, à leur tour des conséquences « en cascade » sur la vie de l’enfant puis du jeune adulte (vie sociale, affective, scolaire, comportement vis-à-vis de la loi…)

  • Décès : L’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) estime à 155 000 le nombre d’enfants de 15 ans ou moins qui décèdent chaque année des suites de maltraitances et de négligences. Une large partie des décès n’étant probablement pas déclarée, du fait du manque d’enquêtes et d’analyses post-mortem, ce chiffre est sous-évalué. 
  • Atteintes à la santé physique : Les violences exercées contre un enfant peuvent avoir un impact direct sur sa santé physique: il s’agit en général de traumatismes physiques (lésions, fractures, etc.), qui peuvent entraîner un handicap / une incapacité. Ce cas de figure peut concerner des membres (bras, jambes), des fonctions vitales (lésions des organes), mais aussi les fonctions cérébrales. Dans ce cas, les atteintes physiques entraînent des atteintes mentales (syndrome du bébé secoué par exemple). L’atteinte à la santé physique peut également être indirecte: les négligences en matière de soins peuvent entraîner une dégradation de l’état physique (malnutrition, carences, maladies chroniques ou aigues non traitées…) 
  • Atteintes à la santé mentale : La relation sécurisante qui se crée entre un enfant et la/les personnes qui s’occupent de lui est le socle sur laquelle l’enfant construit son image du monde ainsi que sa propre identité et sa capacité à interagir avec les autres. Lorsque la ou les personnes qui sont censées apporter à un enfant sécurité, soin et éducation, se trouve(nt) être en réalité source de danger et d’angoisse, l’enfant ne peut donc se développer correctement. Les mauvais traitements affectent l’image de soi des enfants, leur aptitude à faire confiance et à entrer dans la vie sociale. Lorsque la maltraitance intervient très tôt dans les stades de développement de l’enfant et se manifeste de façon régulière, elle peut causer des dommages irréversibles et mettre en cause sa capacité à vivre de façon autonome.

Des conséquences sur la vie de l’enfant

Ces séquelles physiques et psychologiques ont des conséquences lourdes sur la vie de l’enfant puis du jeune adulte. Ces conséquences peuvent être associées, et se manifester en cascade (les unes en entraînant d’autres).

  • Problèmes de développement et d’apprentissage : La corrélation entre la maltraitance et un niveau scolaire plus faible que la moyenne a été établie à de nombreuses reprises. La maltraitance peut avoir un impact lourd dans des domaines essentiels pour l’apprentissage tels que la parole et le langage.
  • Santé mentale et problèmes comportementaux : comportements intériorisés (retrait, tristesse, isolement, dépression, tentatives de suicides, désordres alimentaires, dépendances à la drogue et à l’alcool) et troubles actifs du comportement (hyperactivité, agressivité, violence envers autrui, activité criminelle…)
  • Situations sociales précaires : les enfants ayant subi maltraitances et négligences sont plus susceptibles que les autres de connaitre à l’adolescence des situations sociales précaires. Pour les filles, la probabilité des grossesses précoces est nettement augmentée par rapport à la population générale, de même que les taux d’infections par MST. Pour l’ensemble, les risques de chômage et de problèmes de logements sont également plus élevés et compromettent l’insertion sociale à long terme. 
  • Etat physique général dégradé : une corrélation existerait entre les mauvais traitements durant l’enfance et un état de santé physique dégradé à l’adolescence (étude longitudinale menée aux Etats-Unis par Flaherty et al. 2006, 2009). Selon cette étude (qui prend en compte l’ensemble des violences, et pas seulement les violences physiques), plus un enfant a connu d’épisodes de maltraitances plus son état de santé est susceptible d’être altéré à son adolescence. 

Les facteurs aggravants

Les facteurs liés aux conditions dans lesquelles survient la maltraitance :

  • L’âge de la victime : Plus la maltraitance est précoce et plus elle intervient tôt dans le processus de développement, empêchant le bon déroulement d’étapes fondamentales (schéma corporel, image de soi, structuration du langage…). Ces étapes ne pouvant être « rattrapées » par la suite, les dommages causés peuvent être irréversibles.
  • La durée et la fréquence : plus les mauvais traitements sont infligés avec régularité et sur une durée longue, plus l’impact sur la vie et le développement de l’enfant est lourd. 
  • Relation de l’agresseur à l’agressé : Plus proche est l’agresseur (parent ou autre personne issue du milieu familial notamment) plus le vécu est traumatique et impactant.

Les facteurs liés à la prise en compte de la situation de maltraitance

  • Le désaveu de l’acte par le tiers : La plupart du temps, les adultes ne sont pas préparés à recevoir la confidence d’un enfant maltraité. La « surdité » ou le non-soutien de la personne choisie pour confidente représentent un traumatisme supplémentaire pour l’enfant. A fortiori si c’est un parent proche qui refuse de prendre en compte le récit.
  • L’absence de preuves matérielles de l’abus : Les preuves telles que traces de coups, de brûlures, etc. facilitent la validation de l’acte face à un déni ou à une répression, et peuvent permettent de protéger rapidement l’enfant. 
  • L’absence de traitement judiciaire : l’absence de traitement judiciaire peut être perçue comme un déni de la réalité de la maltraitance, et donc comme un manque de protection.


A l’inverse, la reconnaissance des manifestations, la lecture des signaux d’alerte et le signalement rapide réduisent l’impact et les séquelles de la maltraitance

=> Que faire face à une situation de maltraitance ?

  • Depuis près de 60 ans, ACTION ENFANCE protège l’enfance en danger en accueillant les enfants et les adolescents confiés par le juge des enfants. Accueillis en Village d’Enfants ou en Foyers, ils grandissent entourés de leurs frères et soeurs, dans un environnement de type familial.

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    Le site du numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfantsen danger ou en risque de l’être.

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