Le FIJAIS (fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) est un dispositif central du système judiciaire français, souvent méconnu du grand public. Utilisé par les autorités dans un cadre strict, il joue un rôle clé dans le suivi des personnes impliquées dans des infractions graves. Qui est concerné ? Quelle est la durée d’inscription ? Qui peut procéder à la consultation du FIJAIS et dans quels cas en demander l’effacement ? Voici l’essentiel à connaître.
Le FIJAIS est un fichier judiciaire national créé en 2005 par la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 dite « loi Perben II » et placé sous l’autorité du ministère de la Justice. Il centralise des informations sur des personnes impliquées dans des infractions sexuelles ou des infractions violentes.
Il contient des données d’identification (identité, adresses), ainsi que des éléments issus de la procédure pénale, comme la nature des faits ou les décisions judiciaires.
Accessible uniquement aux autorités habilitées via un système sécurisé, le FIJAIS en ligne permet de consulter rapidement ces informations dans le cadre d’enquêtes ou de contrôles.
Ce dispositif a un double objectif : prévenir la récidive et faciliter l’identification des auteurs d’infractions. Il participe également aux enjeux de protection des mineurs et de coordination entre les acteurs de la justice.
L’inscription au FIJAIS concerne des infractions graves portant atteinte aux personnes :
L’inscription peut intervenir à différents stades de la procédure pénale : condamnation, mise en examen, composition pénale ou décision d’irresponsabilité pénale.
Elle dépend de la gravité des faits, de la peine encourue et du profil de la victime. En cas d’infraction sexuelle sur un enfant, la logique de protection des mineurs renforce généralement le recours au fichier.
La durée d’inscription au FIJAIS est encadrée par la loi et varie en fonction de la gravité des faits.
De manière générale, les informations sont conservées :
Le point de départ de cette durée peut différer selon la situation. Lorsqu’une peine de prison est exécutée, le délai commence généralement à courir à partir de la libération.
Une fois inscrite au fichier, la personne doit respecter plusieurs règles destinées à assurer son suivi régulier.
La principale obligation du FIJAIS consiste à déclarer son adresse et à signaler tout changement dans un délai de 15 jours. Cette déclaration doit être renouvelée périodiquement, selon la gravité de l’infraction.
Dans les cas les plus courants, la personne doit :
Pour les infractions les plus graves, la fréquence peut être renforcée : tous les 6 mois, voire tous les mois en cas de dangerosité ou de récidive.
À savoir : Le non-respect de ces obligations constitue une infraction pénale.
Ce sont deux dispositifs distincts, bien qu’ils relèvent tous deux du système judiciaire.
Le casier judiciaire recense l’ensemble des condamnations pénales d’une personne. Il sert notamment à établir ses antécédents dans différents contextes administratifs ou judiciaires.
À l’inverse, le fichier FIJAIS est un outil spécifique, centré uniquement sur certaines infractions sexuelles ou violentes. Son objectif est d’assurer un suivi ciblé dans une logique de prévention.
Les informations contenues dans ce dispositif ne peuvent pas, à elles seules, servir de preuve pour caractériser une récidive et leur accès reste strictement encadré, contrairement à certains extraits du casier judiciaire.
La consultation de ce fichier judiciaire n’est pas accessible au public : seules certaines autorités peuvent y accéder dans le cadre de leurs missions.
Parmi les acteurs habilités figurent :
Ces professionnels peuvent consulter le fichier FIJAIS dans le cadre d’enquêtes, lors de procédures judiciaires ou du suivi des personnes inscrites.
Un employeur ne peut pas accéder directement au FIJAIS. En revanche, certaines administrations peuvent le consulter dans le cadre de procédures de recrutement, d’autorisation ou de contrôle. Cela concerne particulièrement les activités impliquant un contact avec des mineurs ou des personnes vulnérables.
Cette vérification des antécédents permet de limiter les risques, tout en préservant la confidentialité des données.
En contribuant à la protection des mineurs, le rôle du FIJAIS est de faciliter le suivi des personnes impliquées dans des infractions sexuelles. Les informations contenues dans le fichier peuvent être utilisées par exemple lors de recrutements ou de contrôles administratifs, afin de réduire les risques.
Ce dispositif participe aussi plus largement à la prévention des violences faites aux enfants, y compris dans des situations d’enlèvement de mineurs, où l’identification rapide d’un individu déjà connu des autorités peut s’avérer déterminante. Il permet aux services compétents de disposer d’éléments utiles pour orienter leurs vérifications et renforcer la vigilance autour de profils à risque.
Cette procédure peut intervenir automatiquement à l’issue de la durée légale de conservation des données. Toutefois, un retrait anticipé est possible dans certaines situations prévues par la loi :
En dehors de ces cas, une demande d’effacement peut être formulée lorsque la conservation des données ne se justifie plus.
La demande d’effacement au FIJAIS doit être adressée au procureur de la République compétent ou, dans certains cas, au juge d’instruction.
Elle peut être formulée par écrit ou par déclaration auprès du greffe. Le magistrat peut accepter ou refuser la demande.
En cas de refus ou d’absence de réponse, un recours est possible.
Le FIJAIS permet de suivre dans le temps des personnes impliquées dans des infractions sexuelles ou des infractions violentes. Les informations issues de la procédure pénale sont conservées afin de faciliter leur utilisation par les autorités compétentes.
Ce fichier judiciaire est utilisé pour :
Il renforce ainsi activement la protection des mineurs.