Le Contrat Jeune Majeur (CJM) constitue un soutien essentiel pour les jeunes sortants de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), confrontés à des difficultés familiales, sociales ou financières. En prolongeant l’accompagnement éducatif après la majorité, ce dispositif vise à sécuriser l’entrée dans la vie adulte et à favoriser une insertion sociale et professionnelle plus stable.
Le Contrat Jeune Majeur est un dispositif d’aide sociale à l’enfance destiné aux jeunes majeurs vulnérables engagés dans un parcours vers l’autonomie. Il prolonge un accompagnement éducatif, matériel et psychologique après 18 ans, lorsque le jeune, sans soutien familial suffisant, rencontre des difficultés multiples.
En France, selon l’étude de la Drees, plusieurs dizaines de milliers de jeunes majeurs sortent chaque année de la protection de l’enfance, souvent avec peu de soutien familial ou de ressources pour entrer dans la vie active.
Mis en œuvre par les conseils départementaux, ce contrat peut concerner des pupilles de l’État placées en foyer, en Maisons d’Enfants à Caractère Social (MECS), en Villages d’Enfants, en familles d’accueil ou accompagnés par la protection judiciaire de la jeunesse. Il est également accessible à certains jeunes âgés de 16 ans (mineurs émancipés).
Le Contrat Jeune Majeur relève de la protection de l’enfance. Son objectif principal est d’éviter les ruptures à la sortie de l’ASE en renforçant l’accompagnement éducatif et l’insertion sociale.
Le Contrat Engagement Jeune (CEJ) dépend de France Travail ou des missions locales. Il vise surtout l’insertion professionnelle des jeunes éloignés de l’emploi, avec une rémunération sous conditions.
D’après une enquête de l’Insee, relayée par le Gouvernement, un quart des personnes sans domicile nées en France ont été prises en charge par l’ASE durant leur minorité.
Le Code de l’action sociale et des familles prévoit ce dispositif pour les majeurs de moins de 21 ans en situation de précarité, ayant été confiés à l’ASE avant leur majorité. Le président du conseil départemental évalue les difficultés familiales, sociales ou éducatives du jeune ainsi que son besoin d’accompagnement vers l’autonomie.
La demande doit généralement s’appuyer sur un projet d’insertion : formation, apprentissage, contrat de professionnalisation, logement ou accès à l’emploi.
Certains départements peuvent maintenir ponctuellement une aide provisoire afin de permettre au jeune de terminer une année scolaire, universitaire ou une formation qualifiante.
La loi Taquet du 7 février 2022 a renforcé l’accompagnement des jeunes issus de l’ASE afin de limiter les « sorties sèches » (situations où un jeune devient majeur sans solution de logement, d’accompagnement ou de ressources) et la précarité.
Par ce projet de loi, le contrat jeune majeur reste principalement ouvert jusqu’à 21 ans, mais certains dispositifs d’insertion sociale, de formation ou d’accompagnement vers l’emploi peuvent ensuite prendre le relais jusqu’à 25 ans, selon la situation du jeune.
Variant selon les départements et la situation du bénéficiaire, l’aide financière mensuelle du Contrat Jeune Majeur se situe entre 300 et 700 €.
À cette allocation, divers dispositifs de soutien peuvent s’ajouter : santé, logement social, bourses, mission locale, CEJ.
Oui. Certaines aides versées dans le cadre du Contrat Jeune Majeur peuvent avoir un impact sur les prestations sociales ou les allocations logement. Il est donc conseillé de signaler sa situation à la CAF.
Pour construire un parcours d’autonomie durable, le jeune doit contacter son éducateur référent, un travailleur social ou le service ASE du conseil départemental avant sa majorité. Un entretien permet d’évaluer sa situation, son projet d’insertion sociale et ses besoins d’accompagnement éducatif.
La lettre doit présenter la situation du jeune, son parcours ASE, ses difficultés d’insertion sociale ainsi que son projet professionnel ou scolaire.
Une demande de renouvellement CJM doit expliquer pourquoi l’accompagnement reste nécessaire : poursuite d’études, contrat d’apprentissage, difficultés de logement ou absence de ressources suffisantes.
Lorsqu’un jeune majeur vit en famille d’accueil, ce contrat permet de prolonger la durée d’hébergement après ses 18 ans, afin d’éviter une rupture brutale au moment de l’entrée dans la vie adulte.
Ce cadre plus stable favorise souvent une autonomisation progressive et le maintien de repères affectifs sécurisants. L’accompagnement éducatif aide également le jeune dans ses démarches de formation, de logement ou d’insertion professionnelle.
Le jeune majeur doit respecter les engagements prévus dans son contrat :
La famille d’accueil poursuit un soutien matériel et relationnel dans le cadre fixé par l’ASE.
Non. La décision appartient au conseil départemental après étude de la situation sociale, familiale et éducative du jeune.
Oui, sous certaines conditions. Un jeune en apprentissage, en CDD ou en temps partiel peut continuer à bénéficier d’un accompagnement ASE si ses ressources n’atteignent pas le SMIC.
À l’interruption du CJM, le jeune bascule progressivement vers les dispositifs de droit commun : logement, emploi, mission locale ou aides sociales classiques. La loi prévoit également un droit au retour jusqu’à 21 ans dans certaines situations.