• T+
  • T-
Publié le 01/07/2019

Déficience intellectuelle : « Nous cherchons à les rendre le plus autonomes possible »

test

Au Village d’Enfants de Bar-le-Duc, la maison Havane regroupe, depuis juillet 2018, des adolescents porteurs de déficience intellectuelle. Émilie Amatucci et Amélie Arnould, éducatrices familiales qui partagent leur quotidien, reviennent sur cette initiative.

Au Village d’Enfants de Bar-le-Duc, la décision a été prise de dédier la maison Havane à l’accueil d’adolescents porteurs de déficience intellectuelle. « C’est une expérience enrichissante qui nous permet d’acquérir de nouvelles compétences, de réfléchir différem­ment. Nous avions des connaissances dans ce domaine car deux jeunes adolescents porteurs de déficience étaient déjà accueillis dans la maison Havane. Au fil du temps, nous avons donc noué des liens avec des établissements spécialisés, d’autres professionnels... ce qui a facilité les choses », expliquent Émilie Amatucci et Amélie Arnould, éducatrices familiales en charge de six jeunes âgés de 11 à 16 ans, scolarisés en milieu adapté.

Une équipe très impliquée

Pour simplifier le quotidien de ces adolescents, l’équipe composée de quatre éducatrices et éducateurs familiaux adapte sa prise en charge, réfléchit à de nouveaux outils. « Certains jeunes ne savent pas lire. Nous avons donc mis en place des pictogrammes sur le planning représentant les tâches à effectuer : préparer le repas, mettre le couvert, vider le lave-vaisselle… », racontent Émilie et Amélie.

Un an après son lancement, ce dispositif s’avère bénéfique pour les jeunes. « C’est un groupe homogène, qui a des besoins spécifiques. Les adolescents se montrent solidaires entre eux. Quand ils font leurs devoirs par exemple, les plus avancés aident ceux qui rencontrent davantage de difficultés », constatent les deux éducatrices.

Mais l’homogénéité du groupe peut aussi avoir ses limites. « Nous veillons à ce qu’ils ne restent pas en vase clos : ils sortent, rencontrent et invitent d’autres jeunes… Il faut être très vigilant sur ce point. Nous les stimulons en permanence pour qu’ils ne se sentent pas exclus ou pénalisés du fait de leur déficience. » Et cela semble favorable car l’évolution du groupe est plutôt positive. Chaque progrès représente une grande fierté pour les adolescents ainsi qu’une certaine satisfaction pour les éducatrices et éducateurs familiaux : un adolescent qui parvient à lire, à compter, à écrire, à lire l’heure ; un jeune qui réussit à prendre un bus pour aller à l’école, qui part en ville avec ses camarades et revient à l’heure, qui gère son argent de poche et le rendu de la monnaie quand il fait des achats… « Nous travaillons sur tous ces aspects avec eux avant leur majorité, afin qu’ils soient le plus autonomes possible à leur sortie. Avoir réuni ces six jeunes dans la même maison permet de mieux préparer cette échéance », concluent Émilie et Amélie.

Retrouvez l'article dans notre magazine Grandir Ensemble n°102, p.4