Accueillie au Village d’Enfants et d’Adolescents d’Amboise à l’âge de 4 ans, Mila – 16 ans aujourd’hui – est pupille de l’État. La jeune fille nourrit des rêves mais aussi des craintes à l’idée de devoir un jour quitter le cocon du Village. L’accueil de type familial et le projet d’ACTION ENFANCE prennent tout leur sens pour des enfants qui n’ont plus leurs parents.

Les premières années de Mila ont été chahutées : accueillie toute petite au Village d’Enfants et d’Adolescents d’Amboise, elle est placée ensuite, hors de la Fondation, dans une famille d’accueil où elle subit des violences physiques et psychologiques. Elle est alors de nouveau confiée au Village d’Amboise à l’âge de 7 ans. Une vie entière de placement pour cette petite dernière d’une fratrie de quatre enfants, tous placés. C’est la dure réalité de Mila, que son père n’a jamais reconnue et qui a perdu sa mère, gravement malade, alors qu’elle n’avait que 8 ans.

Un conseil de famille

Des démarches sont alors engagées afin qu’elle soit reconnue comme pupille de l’État. Un statut qui vise à protéger les enfants mineurs privés de leur famille. La responsabilité est partagée entre le préfet du Département (ou son représentant), qui a la fonction de tuteur du mineur pupille, et un conseil de famille. Cette instance participe aux orientations du projet de vie de l’enfant. « Mila assiste à ce conseil de famille depuis ses 8 ans, mais les premières années, elle ne s’investissait pas. Elle ne comprenait pas le rôle de cette instance, d’autant qu’elle était en lien avec sa référente ASE(1) et sa référente au Village avec qui elle avait déjà des points de suivi réguliers, rapporte Marie Douchet, éducatrice familiale au Village d’Enfants et d’Adolescents d’Amboise. « Ce sont beaucoup de mots de grands », nous disait-elle. » Il existait quelques désaccords entre l’équipe éducative qui travaille au quotidien avec Mila et les membres du conseil de famille. Mais majoritairement, l’équipe du Village était entendue et soutenue.

Faire valoir ses choix

Depuis ses 14 ans, Mila a compris les enjeux de ce conseil de famille et ose exprimer la manière dont elle souhaite être
accompagnée. Elle y a notamment défendu son souhait d’avoir un téléphone alors qu’on la trouvait trop jeune. « C’était pour elle le seul moyen de rester en contact avec l’extérieur. Nous avons travaillé l’argumentaire et étudié avec le conseil comment financer cette dépense », indique son ancienne éducatrice. Elle a pu également manifester sa frustration de ne pas pouvoir participer à certaines sorties scolaires parce que les autorisations n’étaient pas signées dans les temps. « En plus d’être une enfant placée, Mila doit composer avec ce statut de pupille qui peut être lourd à porter pour une adolescente pleine de vie, qui a vraiment envie de participer à toutes les activités proposées. » L’année dernière, à l’occasion de l’emménagement dans les nouvelles maisons du Village d’Enfants et d’Adolescents de Chinon, elle a fait part de son souhait de s’y installer. « Elle était très attachée au Village d’Amboise, où elle a vécu pratiquement toute sa vie, et à ses éducateurs. Elle avait peur de prendre son envol. Peur de se voir grandir. Mais elle a osé partir vers ce nouvel horizon. C’est un grand pas qu’elle a franchi. »

Grandir à la Fondation

Lorsque l’on a 16 ans, difficile d’imaginer ce que peut être une vie en totale autonomie. Alors, Mila apprend. « Mila a fait beaucoup de progrès au cours de ces derniers mois dans l’appartement partagé du service de semi autonomie. Parler de la vie d’adulte lui était impossible. Maintenant, elle arrive à se projeter sur la colocation, où elle devra gérer son quotidien de manière autonome. C’est déjà une grande victoire », estime Agathe Marie, éducatrice du service de semi-autonomie de Chinon. Encore hésitante dans ses choix professionnels, avec peu d’amis et d’activités extérieures, la jeune fille n’est pas encore prête à quitter le nid. Fort heureusement, elle devrait pouvoir rester au sein de la Fondation jusqu’à ses 21 ans, dans le cadre de contrats autonomie proposés par le Département d’Indre-et-Loire. La condition étant qu’elle ait un projet. Les équipes du Village mettent tout en oeuvre pour que les choses aillent en ce sens. En parallèle, ses éducateurs s’appliquent à renouer les liens fraternels entre les soeurs qui ont vécu une relation conflictuelle. De sorte que Mila ne soit pas isolée lorsqu’elle quittera la Fondation. Et, quoi qu’il en soit, elle pourra toujours compter sur le soutien d’ACTION+, le service d’accompagnement social d’ACTION ENFANCE, financé grâce à la générosité de ses donateurs et partenaires privés.

Soyez présent à chaque étape de leur vie

Avec 15 € par mois (3,75€ après déduction fiscale), vous participez notamment à prendre en charge des séances régulières avec un psychologue qui aideront un enfant à surmonter des souffrances qui le dépassent.