Les attouchements sexuels durant l’enfance sont des violences qui peuvent avoir des conséquences durables sur les victimes. L’écoute et l’accompagnement sont essentiels pour les aider à sortir du silence.
Selon l’article 222-22 du Code pénal, constitue une agression sexuelle « tout acte sexuel non consenti ». Le consentement doit être libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable. Il ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime.
Le terme « attouchement » désigne couramment un contact physique à caractère sexuel imposé à une personne, qu’elle soit enfant ou adulte. Lorsqu’il est commis sans consentement, un attouchement peut constituer une agression sexuelle au sens du Code pénal.
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) estime que 160 000 enfants sont victimes d’agression sexuelle chaque année.
Vous avez été victime d’attouchements ou d’agression sexuelle :
Pour plus d’informations : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F33891
Numéro d’aide aux victimes : 116 006
Ce numéro est ouvert 7j/7, de 9h à 20h. L’appel est gratuit. Les conseillers apportent une écoute, informent et conseillent les victimes ayant subi des violences sexuelles ainsi que leurs proches.
« Allô enfance en danger » : 119
Le Service National d’Accueil Téléphonique de l’Enfance en Danger (SNATED) est joignable gratuitement 24h/24 et 7j/7. L’appel au 119 est gratuit et confidentiel, le numéro n’apparaît pas sur les relevés téléphoniques. Les écoutants sont soumis au secret professionnel. Ils apporteront leur aide et conseils aux appelants confrontés à une situation d’enfant en danger ou en risque de l’être.
Il est souvent difficile pour une victime de violences sexuelles de parler de ce qu’elle a vécu. Selon une enquête Ipsos réalisée en 2019 auprès de 502 personnes victimes de violences sexuelles durant l’enfance, 39 % déclarent avoir connu des épisodes d’amnésie après les faits. Pour un tiers, ces épisodes ont duré plus de 20 ans. 69 % des victimes déclarent avoir déjà parlé de leur agression sexuelle à quelqu’un, mais il leur a fallu du temps pour y parvenir : 12 ans en moyenne.
La libération de la parole est souvent bénéfique. Lorsqu’une victime de violences sexuelles sur mineur se confie, elle a besoin de bienveillance, de compassion et de soutien. Aucune agression sexuelle ne doit être banalisée, il faut aider sans jugement. Il faut être disponible et à l’écoute, des qualités qui permettront à la victime d’oser en parler.
Plusieurs étapes peuvent permettre de protéger l’enfant et de l’accompagner au mieux :
En France, 5,4 millions d’adultes ont été victimes de violences sexuelles durant leur enfance (selon le rapport public de 2023 du CIIVISE).
En 2025, le ministère de l’Intérieur a enregistré 76 200 victimes mineures de violences sexuelles. Ce chiffre ne représente pas l’ensemble des violences sexuelles commises.
Les violences sexuelles sur mineurs peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé physique et mentale. Elles sont différentes en fonction des victimes, de leur âge au moment des faits ou des circonstances.
Les conséquences de ces violences sexuelles sur mineur sont multiples, pouvant perdurer à l’âge adulte :
À l’adolescence, les victimes d’agressions sexuelles dans l’enfance peuvent développer des troubles spécifiques liés au traumatisme :
Ces conséquences peuvent peser sur la construction identitaire, avec parfois une culpabilité liée aux violences sexuelles commises, alors que la responsabilité revient toujours à l’agresseur.
À l’âge adulte, les séquelles des agressions sexuelles ou des attouchements sexuels subis dans l’enfance peuvent persister, voire s’amplifier :
Les attouchements (et les violences sexuelles en général) marquent durablement la vie des victimes. Ils ont un impact sur leur équilibre personnel, leur confiance et leur construction, pour de nombreuses années. Les conséquences peuvent notamment s’observer dans la parentalité et dans les relations intimes ou amicales.
En tant que parent, une victime d’abus sexuels peut par exemple éprouver des difficultés à poser des limites, à exprimer son autorité émotionnelle ou à accepter la vulnérabilité de son propre enfant.
Le souvenir traumatique, la peur du jugement ou la honte peuvent aussi conduire à des défaillances dans la communication, à une appréhension de l’attachement et même, parfois, à une désynchronisation émotionnelle vis-à-vis de l’enfant ou du partenaire.
Dans les relations avec les autres, ces séquelles peuvent souvent se traduire par de la méfiance, une posture de retrait, un sentiment persistant d’insécurité ou de « surprotection » envers l’autre, ou au contraire une recherche excessive de contrôle ou de validation. La personne peut aussi être amenée à revivre des dynamiques d’agression ou de manipulation, même sans en avoir conscience, car le rapport au consentement et à l’intimité a été profondément bouleversé.
Le stress post-traumatique est un trouble psychologique qui survient après un choc violent, comme une agression sexuelle, un viol, une tentative de viol ou des attouchements sexuels. Reconnu par les psychiatres, ce trouble peut se manifester de différentes manières. Les symptômes incluent :
Le stress post-traumatique met en évidence la gravité criminelle de ces infractions sexuelles. Il rappelle l’importance d’un accompagnement psychologique et juridique adapté, ainsi que la nécessité de renforcer la lutte contre les violences sexuelles infligées aux enfants victimes.
ACTION ENFANCE accueille protège et éduque les enfants en danger au sein de ses Villages d’Enfants et d’Adolescents. Les fratries bénéficient d’un cadre stable et sécurisant pour les aider à grandir.