À retenir :

 Les attouchements sexuels durant l’enfance sont des violences qui peuvent avoir des conséquences durables sur les victimes. L’écoute et l’accompagnement sont essentiels pour les aider à sortir du silence.

Selon l’article 222-22 du Code pénal, constitue une agression sexuelle « tout acte sexuel non consenti ». Le consentement doit être libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable. Il ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime.

Le terme « attouchement » désigne couramment un contact physique à caractère sexuel imposé à une personne, qu’elle soit enfant ou adulte. Lorsqu’il est commis sans consentement, un attouchement peut constituer une agression sexuelle au sens du Code pénal.  

La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) estime que 160 000 enfants sont victimes d’agression sexuelle chaque année.

Victime d’attouchements, que faut-il faire ?

Vous avez été victime d’attouchements ou d’agression sexuelle :

  • Prévenez la police ou la gendarmerie, puis déposez plainte. Vous pouvez appeler le 17 (police secours) ou le 112 (numéro d’urgence européen). Vous pouvez également envoyer un SMS gratuitement au 114, si vous ne pouvez pas parler (danger, handicap). La communication se fera alors par écrit. Ensuite, vous pouvez vous rendre dans un commissariat de police ou de gendarmerie pour porter plainte. Un délai de prescription s’applique. Pour une agression sexuelle sur un mineur le délai de prescription est de 10 ou 20 ans à partir de la majorité de la victime, selon l’infraction concernée. Pour un viol commis sur mineur, le délai est de 30 ans à compter de la majorité de la victime. La victime peut toutefois porter plainte au moment des faits, lorsqu’elle est mineure sans attendre sa majorité.
  • Parlez-en autour de vous. Vous pouvez en parler à votre entourage. Il pourra vous aider et vous soutenir dans cette épreuve. « Si vous avez peur d’être jugé par un membre de votre famille ou un ami, pensez à une personne neutre, infirmière scolaire, médecin, psychologue ou écoutant d’une ligne téléphonique » conseille le Dr. Violaine Guérin, présidente de l’association « Stop aux violences sexuelles ».
  • Essayez de conserver les indices et les preuves. Certaines preuves pourront aider la police et la justice à identifier l’auteur des faits. Il faut par exemple éviter de prendre une douche ou de jeter les vêtements portés au moment de l’agression. Un examen médical est préconisé le plus tôt possible après les faits, afin de faire constater les traces potentielles (preuves biologiques, médicales et psychologiques).

Pour plus d’informations : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F33891

Victime ou témoin d’attouchements : 2 numéros pour vous aider

Numéro d’aide aux victimes : 116 006

Ce numéro est ouvert 7j/7, de 9h à 20h. L’appel est gratuit. Les conseillers apportent une écoute, informent et conseillent les victimes ayant subi des violences sexuelles ainsi que leurs proches.

« Allô enfance en danger » : 119

Le Service National d’Accueil Téléphonique de l’Enfance en Danger (SNATED) est joignable gratuitement 24h/24 et 7j/7. L’appel au 119 est gratuit et confidentiel, le numéro n’apparaît pas sur les relevés téléphoniques. Les écoutants sont soumis au secret professionnel. Ils apporteront leur aide et conseils aux appelants confrontés à une situation d’enfant en danger ou en risque de l’être.

Comment aider une personne ayant subi des attouchements ?

Il est souvent difficile pour une victime de violences sexuelles de parler de ce qu’elle a vécu. Selon une enquête Ipsos réalisée en 2019 auprès de 502 personnes victimes de violences sexuelles durant l’enfance, 39 % déclarent avoir connu des épisodes d’amnésie après les faits. Pour un tiers, ces épisodes ont duré plus de 20 ans. 69 % des victimes déclarent avoir déjà parlé de leur agression sexuelle à quelqu’un, mais il leur a fallu du temps pour y parvenir : 12 ans en moyenne.

La libération de la parole est souvent bénéfique. Lorsqu’une victime de violences sexuelles sur mineur se confie, elle a besoin de bienveillance, de compassion et de soutien. Aucune agression sexuelle ne doit être banalisée, il faut aider sans jugement. Il faut être disponible et à l’écoute, des qualités qui permettront à la victime d’oser en parler.

Plusieurs étapes peuvent permettre de protéger l’enfant et de l’accompagner au mieux :

  • Écouter : si l’enfant se confie, il est très important de l’écouter sans remettre en question ses propos. Il faut le laisser s’exprimer avec ses propres mots.
  • Assurer sa protection : la sécurité du mineur est la priorité. S’il est encore exposé à la personne mise en cause, des mesures de protection doivent être mises en place.
  • Signaler les faits : si le danger est immédiat, il est nécessaire de contacter les autorités (police ou gendarmerie). Il est également possible de contacter le 119 – Allô enfance en danger, destiné aux enfants et aux adultes confrontés à une situation de danger ou de risque de danger impliquant un enfant.
  • Respecter son rythme : après une révélation, l’enfant peut avoir besoin de temps avant de s’exprimer de nouveau sur ce qu’il a vécu. Il est important de lui rappeler qu’il peut demander de l’aide, en parler quand il le souhaite et qu’il n’est pas responsable de ce qu’il a vécu.
  • Mettre en place un accompagnement : un enfant victime de violences sexuelles peut avoir besoin d’un accompagnement médical et/ou psychologique. Des professionnels peuvent l’aider à mettre des mots sur ce qu’il a vécu.

Quelles sont les conséquences de ces abus ?

Les conséquences de ces abus sur les enfants

En France, 5,4 millions d’adultes ont été victimes de violences sexuelles durant leur enfance (selon le rapport public de 2023 du CIIVISE).

En 2025, le ministère de l’Intérieur a enregistré 76 200 victimes mineures de violences sexuelles. Ce chiffre ne représente pas l’ensemble des violences sexuelles commises.

Les violences sexuelles sur mineurs peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé physique et mentale. Elles sont différentes en fonction des victimes, de leur âge au moment des faits ou des circonstances.

Les conséquences de ces violences sexuelles sur mineur sont multiples, pouvant perdurer à l’âge adulte :

  • Conséquences psychologiques :
    • Sentiment de culpabilité
    • Manque de confiance, dénigrement, dévalorisation de soi
    • Sentiment de peur (peur de l’autre, d’être rejeté)
    • Sentiment de honte, de solitude, d’abandon
    • Angoisses, souffrances, traumatismes
    • Troubles du sommeil, cauchemars
    • Dépression, tentative de suicide, suicide.
  • Conséquences physiques :
    • Saignements
    • Développement de maladies
    • Troubles du comportement alimentaire (prise ou perte de poids anormale)
    • Retard de langage ou de développement.
  • Conséquences sur la vie sociale :
    • Repli sur soi
    • Chute des résultats scolaires ou au contraire hyperinvestissement dans les études
    • Développement d’un comportement agressif ou de soumission.

Les conséquences de ces abus à l’adolescence 

À l’adolescence, les victimes d’agressions sexuelles dans l’enfance peuvent développer des troubles spécifiques liés au traumatisme : 

  • consommation de drogues, d’alcool ou conduites à risque sexuellement dangereuses,
  • sentiment de honte et peur d’être rejeté ou jugé, rejet des relations sexuelles ou, au contraire, hypersexualisation, 
  • difficulté à faire confiance aux adultes et crainte d’un nouvel abus sexuel. 

Ces conséquences peuvent peser sur la construction identitaire, avec parfois une culpabilité liée aux violences sexuelles commises, alors que la responsabilité revient toujours à l’agresseur. 

Les conséquences de ces abus à l’âge adulte 

À l’âge adulte, les séquelles des agressions sexuelles ou des attouchements sexuels subis dans l’enfance peuvent persister, voire s’amplifier : 

  • stress post-traumatique et mémoire traumatique, 
  • phobie des relations sexuelles et peur d’un acte de pénétration sexuelle,
  • en cas d’amnésie, sentiment d’avoir été violée ou agressée sexuellement,
  • dépression chronique, risque de suicide, isolement social, 
  • perte de confiance dans la justice après des affaires sexuelles médiatisées où les victimes présumées n’ont pas été entendues. 

Les conséquences sur les relations sociales

Les attouchements (et les violences sexuelles en général) marquent durablement la vie des victimes. Ils ont un impact sur leur équilibre personnel, leur confiance et leur construction, pour de nombreuses années. Les conséquences peuvent notamment s’observer dans la parentalité et dans les relations intimes ou amicales. 

En tant que parent, une victime d’abus sexuels peut par exemple éprouver des difficultés à poser des limites, à exprimer son autorité émotionnelle ou à accepter la vulnérabilité de son propre enfant. 

Le souvenir traumatique, la peur du jugement ou la honte peuvent aussi conduire à des défaillances dans la communication, à une appréhension de l’attachement et même, parfois, à une désynchronisation émotionnelle vis-à-vis de l’enfant ou du partenaire.

Dans les relations avec les autres, ces séquelles peuvent souvent se traduire par de la méfiance, une posture de retrait, un sentiment persistant d’insécurité ou de « surprotection » envers l’autre, ou au contraire une recherche excessive de contrôle ou de validation. La personne peut aussi être amenée à revivre des dynamiques d’agression ou de manipulation, même sans en avoir conscience, car le rapport au consentement et à l’intimité a été profondément bouleversé. 

La définition du stress post-traumatique

Le stress post-traumatique est un trouble psychologique qui survient après un choc violent, comme une agression sexuelle, un viol, une tentative de viol ou des attouchements sexuels. Reconnu par les psychiatres, ce trouble peut se manifester de différentes manières. Les symptômes incluent : 

  • des flashbacks et cauchemars rappelant les violences sexuelles, 
  • une hypervigilance constante,
  • des conduites d’évitement,
  • un sentiment de culpabilité ou de honte. 

Le stress post-traumatique met en évidence la gravité criminelle de ces infractions sexuelles. Il rappelle l’importance d’un accompagnement psychologique et juridique adapté, ainsi que la nécessité de renforcer la lutte contre les violences sexuelles infligées aux enfants victimes.

ACTION ENFANCE accueille protège et éduque les enfants en danger au sein de ses Villages d’Enfants et d’Adolescents. Les fratries bénéficient d’un cadre stable et sécurisant pour les aider à grandir.