La violence à l’école constitue un fléau qui peut avoir des conséquences durables sur le développement et le bien-être des enfants. Dans les espaces scolaires et périscolaires, la prévention repose sur la vigilance des adultes, des outils pédagogiques adaptés et un climat éducatif sécurisant afin de mieux repérer les conduites à risque et protéger les mineurs.

Comprendre les risques de violence sexuelle périscolaire

Définition et contextes à risque

La violence à l’école peut prendre différentes formes, comme par exemple, les violences physiques, verbales, psychologiques ou sexuelles. Les temps périscolaires, organisés avant ou après la journée scolaire, exposent également certains enfants à des risques spécifiques.

La notion de violence sexuelle à l’école recouvre des comportements variés :

  • propos à caractère sexuel
  • gestes ou attouchements non consentis
  • harcèlement sexuel
  • agressions sexuelles
  • sollicitations en ligne.

Ces situations peuvent survenir dans un établissement scolaire, lors d’activités périscolaires, pendant les transports, au cours de sorties éducatives ou à tout moment où la surveillance est réduite.

L’abus sexuel en milieu périscolaire peut aussi s’inscrire dans une relation d’emprise progressive. Certains agresseurs cherchent à instaurer un climat de confiance avec l’enfant ou à banaliser certains comportements avant le passage à l’acte.

Pour renforcer le sentiment de sécurité des élèves, toute la communauté éducative doit être mobilisée :

  • personnels d’encadrement ;
  • parents d’élèves ;
  • équipes pédagogiques ;
  • responsables d’établissement.

À ce titre, la circulaire n° 2019-122 du 3 septembre 2019 rappelle que la prévention et la lutte contre toutes les formes de violences constituent une priorité du système éducatif, aussi bien dans les collèges et lycées, que dans les écoles primaires.

Les chiffres de la violence sexuelle sur mineurs

Les violences sexuelles sur mineurs restent largement sous-déclarées. La honte, la peur, la culpabilité ou la loi du silence compliquent fréquemment les révélations. Selon une étude de la CIIVISE, environ 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. Dans de nombreux cas, les faits sont commis par une personne connue de l’enfant.

Face à cette réalité, les politiques de prévention en milieu scolaire se renforcent. Le ministère de l’Éducation nationale souligne notamment l’importance de la détection, du traitement des situations et des actions de sensibilisation contre de tels abus.
Les enquêtes de climat scolaire permettent aussi de mieux identifier les situations de violence, de harcèlement scolaire et de cyberharcèlement au sein des établissements.

Comment prévenir les violences sexuelles périscolaires ?

La vérification des antécédents du personnel

La vigilance requise passe par un recrutement rigoureux des adultes intervenant auprès des mineurs. Les structures scolaires et périscolaires doivent vérifier les antécédents judiciaires des professionnels afin d’écarter certaines personnes condamnées pour des infractions incompatibles avec l’encadrement d’enfants.

Le contrôle de certains fichiers judiciaires, comme le FIJAIS, participe ainsi à la prévention et à la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs.

L’attestation d’honorabilité est également un dispositif de contrôle des antécédents judiciaires. Elle repose sur une vérification automatique des fichiers judiciaires (casier judiciaire et FIJAISV). L’attestation d’honorabilité concerne tous les professionnels et bénévoles qui interviennent auprès de mineurs. Elle est délivrée sur demande de l’intervenant.
Les responsables de structures périscolaires sont aujourd’hui dans l’obligation de s’assurer que les personnes qu’ils recrutent présentent une attestation d’honorabilité.

La formation des encadrants

Comme le précise le ministère, la formation continue des personnels éducatifs constitue un levier essentiel de détection des violences sexuelles sur mineurs. Les encadrants doivent connaître les procédures de signalement, les comportements à risque et les réactions adaptées face à la parole d’une victime.

La formation permet aussi de mieux repérer certaines situations d’intimidation, de harcèlement à l’école ou de violences sexistes pouvant fragiliser les enfants et adolescents.

L’aménagement des espaces

L’organisation des lieux joue également un rôle important. Les espaces peu surveillés ou isolés nécessitent une vigilance renforcée : sanitaires, vestiaires, couloirs ou zones situées à l’écart.

Le ministère de l’Éducation nationale insiste d’ailleurs sur la sécurisation des enceintes scolaires et le développement des dispositifs de surveillance afin de prévenir toute violence à l’école.

Reconnaître les signes d’alerte

Les signaux chez l’enfant victime

Un jeune concerné par des violences sexuelles ne parle pas toujours immédiatement. Certains changements peuvent néanmoins alerter :

  • repli sur soi ;
  • anxiété ;
  • troubles du sommeil ;
  • peur soudaine d’un adulte ;
  • chute des résultats scolaires ;
  • absentéisme.

D’autres enfants deviennent agressifs, présentent des difficultés relationnelles ou refusent certaines activités périscolaires. Ces comportements ne permettent pas à eux seuls de confirmer une situation d’abus sexuel, mais ils doivent être pris au sérieux.

Les comportements suspects chez l’adulte

Certains comportements d’adultes peuvent aussi constituer des signaux d’alerte : isolement répété d’un enfant, familiarité excessive, non-respect des règles d’encadrement ou volonté de créer une relation privilégiée hors du cadre habituel.

Que faire en cas de suspicion ou de révélation ?

Accueillir la parole de l’enfant

Lorsqu’un enfant évoque des violences sexuelles, il est essentiel de l’écouter avec calme et bienveillance. Le témoignage doit être accueilli sans jugement et sans pression. Agir rapidement peut limiter les conséquences psychologiques et favoriser une meilleure prise en charge.

Les professionnels de l’enfance recommandent aussi d’éviter toute minimisation des faits signalés par les élèves victimes, ainsi que les questions répétées ou les réactions émotionnelles trop fortes. L’objectif est avant tout de rassurer l’enfant et de lui montrer qu’il est protégé.

Les procédures de signalement

Toute suspicion de violences sexuelles sur mineur doit conduire à un signalement auprès des autorités compétentes. Cette démarche peut être réalisée par un chef d’établissement, un professionnel éducatif, un parent ou toute personne témoin d’une situation préoccupante.

En cas de danger immédiat, les services de police ou de gendarmerie doivent être contactés rapidement. Le 119, Allô enfance en danger, permet également d’obtenir une aide et des conseils adaptés.

L’accompagnement de la victime

Après les faits, l’enfant a besoin d’un accompagnement global associant protection, suivi éducatif et soutien psychologique. La prise en charge doit respecter son rythme et ses besoins.

Psychologues, travailleurs sociaux, professionnels de santé et acteurs de la protection de l’enfance peuvent intervenir pour guider la reconstruction de l’enfant victime.

Notre action pour des espaces périscolaires sécurisés

ACTION ENFANCE veille depuis près de 70 ans sur des jeunes confiés à la protection de l’enfance dans un cadre éducatif sécurisant et adapté. La Fondation accorde une attention particulière à la prévention des violences, à l’écoute des enfants et à la détection des situations préoccupantes.

Les équipes éducatives sont formées aux enjeux de protection des mineurs, aux procédures de signalement et à l’accompagnement des enfants victimes. L’objectif est de garantir aux enfants un environnement stable, bienveillant et respectueux de leurs besoins.

La Fondation aide également à renforcer le dialogue avec les familles, les établissements scolaires et les différents acteurs éducatifs, afin de lutter contre toutes les formes de violences envers les enfants.

Soyez présent à chaque étape de leur vie

Avec 15 € par mois (3,75€ après déduction fiscale), vous participez notamment à prendre en charge des séances régulières avec un psychologue qui aideront un enfant à surmonter des souffrances qui le dépassent.