Notre mission depuis 1958

La Fondation ACTION ENFANCE a pour mission de protéger et d’éduquer sur le long terme des enfants en danger, de l’enfance à l’âge adulte. Elle les accueille, frères et sœurs ensemble, au sein de Villages d’Enfants et d’Adolescents, dans un cadre stable et protecteur. Les enfants sont encadrés par des éducateurs familiaux qui se relaient 24h/24, 7j/7, 365 jours dans l’année. La Fondation leur apporte repères et équilibre en favorisant le maintien des liens entre frères et sœurs dans le respect de leur histoire familiale, afin de les aider à se construire et à devenir des adultes autonomes et responsables, capables de trouver leur place dans la société.

5 principes d’action guident au quotidien la Fondation dans la cohérence et dans la qualité de prise en charge des enfants qui lui sont confiés :  

1. Un accueil de type familial

Ce mode d’accueil, spécifique chez ACTION ENFANCE, est rendu possible par les éducateurs familiaux (lien vers Devenir EF) qui exercent leur mission au sein de maisons. Il favorise une relation éducative permanente, individualisée et privilégiée auprès des fratries tout en leur offrant un cadre de vie de qualité et à taille humaine. Le partage du quotidien, en petits groupes, facilite l’insertion de chacun des enfants et des adolescents, leur donne des repères, crée une stabilité tout en ouvrant des espaces éducatifs leur permettant de se construire. 

L’encadrement et la coordination de l’activité éducative est pensée à l’échelle de chaque Village d’Enfants et d’Adolescents, pour en garantir la cohésion. 

2. Une réponse, dans la durée, aux besoins des enfants et des jeunes

Personnaliser leur accueil, favoriser l’expression de leurs attentes et leurs appréhensions permet de révéler les potentialités de chacun. 

Ce mode d’accompagnement se conçoit dans la durée à la Fondation, au-delà même du temps de placement (4 ans en moyenne) si l’enfant ou le jeune le souhaite.

3. Une prise en charge par des équipes éducatives de professionnels engagés

Chaque membre de l’équipe travaille au plus près de l’enfant, en croisant les approches et les regards pour enrichir sa pratique. 

Les actions de recrutement, de formation et de partage de bonnes pratiques favorisent une action pertinente et un positionnement ajusté de l’équipe éducative.

4. Dans des établissements ouverts sur leur environnement

Les Villages d’Enfants et d’Adolescents sont situés à proximité de leur environnement local, scolaire, associatif et médical. 

La Fondation agit pour que chacun trouve des espaces d’épanouissement, d’autonomie et de réussite personnelle par l’accès à la culture, aux sports, aux loisirs. Elle porte une attention particulière à la question de l’insertion scolaire, professionnelle et sociale en développant réseaux et partenariats sur ces sujets.

5. Agissant dans le cadre institutionnel

La Fondation travaille en partenariat avec les services de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) des Conseils Départementaux et, plus largement, avec tous les acteurs locaux ou nationaux agissant dans le cadre de la Protection de l’Enfance. 

Dans une logique de développement et de pertinence de son action auprès des enfants et des jeunes en danger, elle met en œuvre des dispositifs d’accueil innovants, tout en conservant ses spécificités, dans l’intérêt des enfants.

“Faut vous faire un dessin ?”

Le métier d’éducateur familial

L’origine du métier

En 1958, l’association Mouvement pour les Villages d’Enfants (MVE) est créée. C’est autour d’une vision caritative de l’éducation des orphelins et des enfants abandonnés que s’est élaboré le projet du MVE :

  • La famille comme élément structurant
  • La maison comme lieu de vie
  • Le maintien des liens entre frères et sœurs en permettant l’accueil de fratries
  • La stabilité et la durée comme moyen et objectif éducatif

À cette époque, le travail socio-éducatif se cherche pour orienter son action de Protection Sociale et Judiciaire de l’Enfance. Le MVE propose alors un type de prise en charge éducative qui repose sur la notion de vocation et de substitution parentale. Ce mode de prise en charge est totalement novateur puisque aux antipodes de nombreuses institutions de l’époque qui offrent souvent un hébergement et une vie collective importante à leurs pensionnaires, sans mixité au sein des groupes.

À la fin des années 70 et au cours des années 80, les tribunaux commencent à contester au Mouvement le transfert de l’autorité parentale. Le Mouvement pour les Village d’Enfants passe de l’engagement volontaire des mères de substitution au statut encadré des mères éducatrices jouant un rôle de suppléance.

En 2006, l’association MVE change de statut et devient fondation reconnue d’utilité publique. Puis elle change de nom en 2013 pour devenir la Fondation ACTION ENFANCE.

Naissance et évolution d’un métier

La loi du 6 juin 1984 relative aux droits des familles dans leurs rapports avec les services chargés de la Protection de la Famille et de l’Enfance, et au statut des pupilles de l’État, modifie la place des parents dans le dispositif : ils se voient associés au placement et aux décisions qui en découlent pour l’enfant. Désormais, le professionnel auquel l’enfant est confié doit partager la décision, travailler en réseau et tenir compte des parents

Considérant comme indispensable la présence en petit nombre, d’adultes bienveillants et présents de manière stable, partageant, en tant que suppléants aux fonctions parentales, la vie quotidienne des enfants et des jeunes, ACTION ENFANCE créé le métier d’éducateur familial au milieu des années 80. 

Ces éducateurs familiaux travaillent une semaine sur deux 24H/24 afin de maintenir un temps suffisant de présence pour permettre un attachement possible, tout en gardant une certaine distance dans la relation et ne pas faire ombrage à la présence des parents.

Ils accompagnent ainsi dans leur vie quotidienne des frères et sœurs placés sur décision judiciaire au titre de la Protection de l’Enfance. Ils organisent et animent des activités d’éveil et d’apprentissage, et assurent l’entretien de leur cadre de vie. Ils font les courses, préparent les repas, surveillent le travail à la maison des enfants scolarisés, donnent le bain aux plus jeunes, accompagnent le lever et le coucher, etc.

Aujourd’hui, si les missions des éducateurs familiaux sont restées les mêmes, l’accompagnement éducatif est davantage renforcé du fait de la professionnalisation des éducateurs familiaux. Ces derniers occupent un rôle central dans les relations entre les enfants et l’extérieur en tant que référents des enfants auprès de l’ASE, de l’école, des médecins, des parents…

En savoir plus sur les conditions de travail

Un statut particulier

La loi du 18 janvier 2005 offre désormais un statut légal à ce nouveau métier.

Les articles L 431-1, L431-2, L431-3 et L431-4 du CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) constituent le socle légal de l’organisation du temps de travail de l’éducateur familial : 

Extrait :

Les éducateurs familiaux employés par des associations gestionnaires de villages d’enfants autorisés en application de l’article L. 313-1 du code de l’action sociale et des familles exercent, dans un logement mis à disposition à cet effet par l’association, une responsabilité permanente auprès de fratries d’enfants. (…)

(…) Leur durée de travail est fixée par convention collective ou accord d’entreprise, en nombre de journées sur une base annuelle.

La convention ou l’accord collectif doit fixer le nombre de journées travaillées, qui ne peut dépasser un plafond annuel de deux cent cinquante-huit jours (258), et déterminer les modalités de suivi de l’organisation du travail des salariés concernés.

Le statut de l’éducateur familial est dérogatoire aux dispositions du code du travail relatives au temps de travail. Sont dérogatoires aux dispositions légales : les questions relatives à la durée du travail, la durée quotidienne et mensuelle du travail, le repos quotidien et hebdomadaire légal et le travail de nuit.

Article L774-1 du Code du travail

« Les éducateurs familiaux ne sont pas soumis aux dispositions des chapitres II et III du titre Ier du livre II [du code du travail], ni à celles des chapitres préliminaires et Ier du titre II du même livre du code du travail ».

En savoir plus sur les différents temps de travail

Des besoins croissants

Reconnue pour la singularité de son mode d’accueil, la Fondation ne cesse de se développer pour répondre aux demandes de placement croissantes de la part des départements, construisant de nouveaux Villages d’une part, et augmentant le nombre de places disponibles, d’autre part. C’est ainsi qu’au dernier trimestre 2021, 951 enfants et jeunes étaient accueillis au sein de ces établissements (soit + 53 % par rapport au dernier trimestre 2010).

Témoignages 

Marie Henni, directrice du Village de Villabé : 

“Avec les éducateurs, les enfants ont une relation de grande proximité, des liens très importants entre eux. L’organisation des Villages d’Enfants et d’Adolescents fait la différence avec les autres institutions où le rythme est collectif et où les enfants sont pris en charge par plusieurs adultes qui ne gèrent pas leur quotidien. Pour les enfants, il est essentiel que, quel que soit l’endroit où ils sont (école, sport), ils sachent qu’ils vont retrouver leur éducateur familial à la maison.”

William Benezit, ancien jeune du Village d’Amilly :

“Je ne me lasse pas de remercier ACTION ENFANCE pour tout ce qu’elle fait, car, parfois, ce n’est pas simple pour nous. La Fondation fait tout ce qu’elle peut pour que l’on rêve notre avenir. J’en garde un souvenir exceptionnel. Sans le Village d’Enfants, c’est sûr, je n’en serais pas là.”

Maman d’un enfant accueilli à la Fondation :

« Depuis le placement au Village, il y a du positif nos enfants ne sont plus comme avant, ils sont plus autonomes. On fait plus d’activités depuis qu’ils sont placés au Village. Le placement nous a rapproché de nos enfants… On a compris le placement de nos enfants grâce à l’aide des éducateurs, qui nous en ont expliqué les raisons. C’est pas facile à accepter mais ils ont su nous aider, nous conseiller. »