Protection de l'enfance

publié le 13-03-2014 à 00:00

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La loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance a souhaité réaffirmer le droit des parents tout en prenant mieux en compte l’intérêt de l’enfant. Mais où placer le curseur entre la distanciation de la relation avec des parents responsables d’actes délictueux envers leur
enfant et la collaboration parentale préconisée par la loi ?

 

Essayer de faire collaborer les parents 

 

Dans ses Villages, Action Enfance – Fondation MVE accueille les enfants de 0 à 18 ans pour une durée moyenne de placement d’environ cinq ans. L’enjeu pour les professionnels est de respecter le droit des parents, tel que défini dans la loi du 2 janvier 2002, puis dans celle du 5 mars 2007, de protéger l’enfant et de faire de la famille de l’enfant placé, en relation
avec l’ASE, un partenaire. « Mais est-il possible de faire alliance, quand l’enfant placé a été victime de mauvais traitements de la part de ses parents ? », s’interroge Yvon Taussac, chef de service au Village d’Enfants de Cesson (Seine-et-Marne). C’est l’une des missions des professionnels de la Fondation : remobiliser les capacités parentales, sans perdre de vue l’intérêt de l’enfant. Il s’agit bien d’aider les enfants, non de transformer les parents. Cela passe par l’adhésion des parents au modèle éducatif proposé. Il est en effet important que
ces parents aient une image positive du Village d’Enfants. Ainsi, seulement, ils pourront autoriser leur enfant à se poser. «C’est une des conditions pour se construire, continuer à grandir et poursuivre une scolarité, reprend Yvon Taussac. Nous avions trois enfants dont les parents ne cessaient de dévaloriser notre action. Résultat : la fratrie a tout fait pour
mettre en échec le travail des éducateurs. Après un long temps de mal-être, ils ont été réorientés. »

 

Défier les conflits de la loyauté 

 

Dans le cadre d'une mesure judiciaire, cette « entente » est fondamentale pour préparer l’audience avec le juge des enfants qui va décider de la poursuiteou non du placement. Dans le rapport d’évaluationenvoyé au juge, les éducateurs des Villages donnent la parole à l’enfant, en capacité de discernement, afin qu’il exprime ce qu’il attend. « Dans l’intérêt de l’enfant, nous oeuvrons pour que l’audience soit préparée afin que l’enfant la vive le mieux possible, explique Yvon Taussac. Nous échangeons avec les parents, comme nous le faisons tout au long de l’année. Nous sommes dans l’empathie. » Car, qu’ils aient 3, 6 ou 12 ans, tous les enfants perdent leurs moyens quand ils arrivent devant le juge, alors qu’ils ont besoin d’être en confiance. Lors de l’audience, l’éducatrice ou l’éducateur familial, figure familière, et le chef de service, porteparole de la Fondation, accompagnent l’enfant. « Quand on sent qu’il peut exister un conflit de loyauté, on demande au juge de voir l’enfant, ou les enfants de la fratrie seuls, un par un, ajoute Yvon Taussac. Pendant ces entretiens individuels, les enfants s’autorisent à dire des choses. » Tout l’enjeu de l’audience est là : trouver l’équilibre entre le respect du contradictoire, l’écoute des parents, la protection de l’enfant, et son intérêt avant tout.

 

SE CONSTRUIRE AVEC DES PARENTS PAS COMME ON LES RÊVE

 

La plupart du temps, l’enfant exprime fortement le désir de retourner chez ses parents, mais chez des parents tels qu’il les fantasme, à travers son amour filial. La réalité est souvent autre. À un moment ou un autre de son placement, il va prendre conscience de ce que l’accompagnement de la Fondation lui apporte. Cette prise de conscience est plus longue et
plus difficile chez les enfants placés très jeunes : ils n’ont pas de souvenirs avec leurs parents, à l’inverse des enfants placés vers 8 ans. Après un an de placement, les plus grands peuvent comprendre que leurs parents ont des défaillances et parviennent ainsi à se
construire. La position de la Fondation est dictée par les besoins de chaque enfant, de chaque fratrie, en respectant le droit des parents. Tout en sachant qu’un enfant ne peut se construire qu’en s’insérant dans une histoire familiale, en lien avec ses parents tels qu’ils sont, pas tels que l’enfant les rêve.

 

 

 

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296 200 jeunes de moins de 21 ans bénéficiaient d'au moins une mesure en protection de l'enfance (+ 6 % par rapport à 2004)

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296 200 jeunes de moins de 21 ans bénéficiaient d'au moins une mesure en protection de l'enfance (+ 6 % par rapport à 2004)

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