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Publié le 03/12/2012

Réussite scolaire : un enjeu éducatif

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Une enquête réalisée par la Fondation

La scolarité est un des leviers importants pour grandir. Pourtant, tous les enfants ne peuvent se l’approprier de la même manière selon leur vécu. La priorité des professionnels est alors de les aider à trouver un équilibre psychologique et affectif. Pour pouvoir répondre au plus près aux besoins de chaque enfant, Action Enfance a réalisé une étude sur la scolarité des jeunes accueillis dans ses établissements pour l’année scolaire 2011-2012.

 

Un niveau scolaire plus faible que la moyenne

Ainsi en 2011, 48 % des jeunes de la Fondation entrés en 6e  ont un an de retard, à comparer avec une moyenne nationale de 15,6 %. Les difficultés familiales, sociales, économiques et, parfois, la multiplicité des placements ponctuée par autant de changements d’école, ne favorisent pas l’investissement scolaire.

« Ces jeunes ont besoin très tôt d’un soutien personnalisé pour retrouver confiance en leurs capacités », explique Sandrine Weltman, Directrice Educative.

 

 

Une évidence : la prise en charge des devoirs

Si 59 % des 385 jeunes suivant une scolarité « ordinaire », Villages d’Enfants et Foyers d’adolescents confondus, n’ont pas de retard, l’aide aux devoirs doit rythmer chaque journée d’école. Moment d’échange avec l’éducateur, cette aide fait partie de l’accueil de type familial et offre une parenthèse individualisée et constructive pour l’enfant. Toutefois, elle nécessite des compétences pédagogiques que ne possèdent pas tous les éducateurs. C’est pourquoi, ceux qui sont plus à l’aise dans certaines disciplines peuvent intervenir dans d’autres maisons, notamment auprès de collégiens et de lycéens.

 

Susciter le goût d’apprendre

Répartition des 440 jeunes scolarisés en Village d’Enfants par établissement

Autre élément clé de l’étude : 17 % des jeunes accueillis en Village d’Enfants , soit 73 jeunes, sont en scolarité adaptée(1). Parmi eux, des enfants qui n’ont aucun problème de comportement au Village, mais qui sont agités en classe. Pour ces enfants réfractaires à l’école, les établissements de la Fondation font appel à des ressources extérieures. Karin Walter, philosophe, intervient ainsi au Relais Jeunes Touraine, Foyers d’adolescents de la Fondation, auprès de jeunes en échec scolaire, parfois même déscolarisés. « Dans ce cadre, l’accompagnement scolaire consiste à remettre le jeune en confiance quant à sa légitimité à construire un avenir qui le satisfasse dans ce monde dans lequel il peut se sentir en marge, voire exclu »,  explique-t-elle. 

(1)On les retrouve en SEGPA (Section d’enseignement général et professionnel adapté),  EREA ‘Etablissement régionaux d’enseignement adapté) et MDPH (Maison départementale des personnes handicapées).

 

Mieux orienter les jeunes

En 2011, sur les 79 jeunes accueillis dans les services d’adolescents de la Fondation, 34 ont suivi une formation professionnelle (Bac professionnel, CAP, 3e découverte professionnelle, etc.). Inquiets quant au financement de leurs études après 18 ans, ils préfèrent entrer rapidement sur le marché du travail. 

Pourtant, il n’est pas rare qu’un jeune, après avoir effectué un CAP, revienne dans l’enseignement secondaire long, passe le bac et ait accès aux études supérieures. Des parcours que la Fondation n’hésite pas à accompagner en prolongeant jusqu’à 21 ans, et parfois au-delà, la prise en charge des jeunes qui en font la demande.

 

Consciente que les enjeux d’insertion professionnelle et sociale sont décisifs pour les enfants qu’elle accueille, la Fondation n’hésite pas à encourager toutes les innovations pour faciliter leur projet personnalisé.

 

Témoignages de professionnels

Donner l’envie d’apprendre

Rendre l’enfant acteur de sa scolarité

Deborah Gamper, chef de service du Village d’Enfants de Ballancourt

« Il nous est apparu nécessaire de mettre en place un accompagnement spécifique d’aide aux devoirs afin d’assurer au mieux le suivi des projets personnalisés de chaque enfant. Beaucoup d’entre eux rencontrent de grandes difficultés scolaires liées à leur histoire. Abîmés depuis la prime enfance, ils ont toujours subi : les problèmes familiaux, le placement… Pour eux, être à l’école c’est encore subir : être assis, écouter… La pédagogie n’est pas adaptée.

L’accompagnement aux devoirs que nous proposons dans le Village a donc pour but de rendre l’enfant le plus acteur possible. Cela passe par des jeux de rôle. Ces enfants ont une très mauvaise image d’eux-mêmes, que l’échec scolaire renforce. L’aide aux devoirs les revalorise.»

 

Retrouver le plaisir d’aller à l’école 

Françoise Mathieu, intervenante extérieure au Village d’Enfants d’Amilly

« Ancienne institutrice spécialisée dans l’enseignement pour les enfants inadaptés,  j’interviens bénévolement depuis 2009 au Village d’enfants d’Amilly.  L’année passée, je me suis occupée de trois enfants, scolarisés en classes de CM1, CM2 et 5è.  On me les confie car ils sont très démotivés et n’ont pas confiance en eux. Les premières séances sont consacrées à des échanges qui nous permettent de faire connaissance. Je les aide à faire leurs devoirs en insistant sur ce qui leur pose problème. Il faut qu’ils soient demandeurs car ils doivent être partenaires de cette action. 

Ces enfants ont besoin d’un regard extérieur sur leur histoire, et en même temps, il faut garder ses distances. Ecouter, sans juger, et les amener à travailler en leur donnant une meilleure image d’eux-mêmes : c’est tout le challenge du soutien scolaire.»