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Frères-soeurs : une alchimie complexe

publié le 31-01-2013 à 00:00

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Les fratries d’aujourd’hui, bousculées par les turbulences d’un monde de plus en plus complexe et les modifications des structures familiales, sont-elles très différentes de celles d’hier ?

À l’arrivée du second enfant naît la fratrie : « Un cataclysme pour celui qui devient l’aîné », dit Marcel Rufo, pédopsychiatre à l’AP-HM (Marseille). Il doit alors apprendre à partager l’amour et l’attention de ses parents, son espace, son territoire… et ses jouets !

 

Quelle que soit la famille, quelles que soient les époques, certains paramètres du lien fraternel sont intemporels : complicité, attachement, intimité, souvenirs, bonheurs et valeurs partagés, mais aussi rivalités, oppositions, jalousies, conflits. La fratrie réunit tous les ingrédients de l’amour ! Avec humour mais réalisme, le professeur Rufo parle ainsi d’une « maladie d’amour»*. Il est vrai que ce lien, que tous les parents voudraient idyllique, n’est pas toujours si simple! Comme dans la société, des singularités et des personnalités différentes doivent coexister au sein de la fratrie, et, qui plus est, se construire ensemble. 


Une communauté en miniature

Le groupe que constituent les frères et les soeurs est identifié par les psychologues comme étant « le premier lieu d’apprentissage des processus de socialisation et de construction de l’identité individuelle ». La plupart du temps, avoir des frères et soeurs est une ressource essentielle pour constituer des racines à partir desquelles l’enfant pourra bâtir sa vie d’adulte. Encore faut-il qu’il trouve sa place entre ses frères, ses soeurs et ses parents.

Or, la naissance de chaque nouvel enfant redéfinit la structure et les liens au sein de la fratrie. Si l’aîné conserve sa place, les autres se décalent et, inévitablement, les sentiments s’exacerbent chaque fois qu’est remise en question la distribution des rôles. Cependant, pour Marcel Rufo, cette rivalité aide les enfants à grandir en leur permettant de s’affronter dans un cadre sécurisé. C’est aussi un excellent moteur pour développer des talents et des compétences particulières qui permettent de se démarquer des autres. 


Un lien imposé... ou choisi

Chaque enfant est unique. Et même s’il s’inscrit dans sa fratrie biologique, s’il vit dans le même environnement que ses frères et soeurs, en partageant des valeurs et une intimité communes, son histoire sera singulière. Sa façon de ressentir et de vivre les événements de la famille, les traces qui s’inscriront dans ses souvenirs lui seront propres.

Il n’empêche, la vie en commun n’est pas de tout repos, qu’on soit deux ou dix. « Le lien fraternel présente la caractéristique d’être à la fois imposé et choisi, explique Régine Scelles, psychologue clinicienne. Il est imposé par les parents, mais chacun garde la liberté de le qualifier. Ce choix va se manifester dans la cohabitation, les échanges, les rencontres…ou les non-rencontres. »
Dans les familles nombreuses, des clans peuvent se former en fonction des affinités, de la proximité d’âge, de sexe, ou simplement du partage de la chambre. Ce caractère électif du lien vient en contrebalancer les contraintes. Qui plus est, les relations fraternelles évoluent au fil du temps. On peut se disputer à 5 ans et devenir les meilleurs amis du monde à l’adolescence ! Elles sont également soumises aux aléas des étapes de l’existence : mariage, naissances, disparition des parents,  conflits ou drames qui peuvent renforcer les liens ou les rompre... 

 

Quelques chiffres

  • 9 % des enfants mineurs vivent dans des familles recomposées.
  • 7,7 % des familles françaises sont recomposées.
  • 32 % des fratries recomposées comptent quatre enfants et plus, contre 11% dans les familles classiques. 

  

Source INSEE : "Les familles recomposées : entre familles traditionnelles et monoparentales"
Octobre 2009 – Olivier Chardon et Emilie Vivas 

 

Frères de sang, frères de lait

La nouveauté que doivent affronter les fratries d’aujourd’hui, ce sont la fragilité de la structure familiale, les séparations et les nouvelles unions. Dans les familles recomposées, il faut trouver de nouveaux repères, de nouvelles règles, et s’adapter aux codes nés de la fusion de deux familles. Dans les fratries qui se forment, les liens du sang font aussi une place aux liens de l’éducation. Demi-frères, demi-soeurs partageant l’un des parents, quasi-frères et quasi-soeurs sans aucune parenté commune doivent réinventer un univers commun, jusqu’à redéfinir leur rapport aux parents. “Si le statut de frère et soeur participe à un positionnement social et familial, à une identité sociale, l'expérience du fraternel dans les familles recomposées participe, elle, à la reconnaissance d’une identité intime**”. 

  

* « Frères et soeurs, une maladie d’amour », Marcel Rufo, avec la collaboration de Christine Schilte, Éditions Fayard.
** « Enfants de familles recomposées: Sociologie des nouveaux liens fraternels ». Aude Poittevin. Sciences sociales & Économie, Sociologie

 

 

publié le 31-01-2013 à 00:00

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